
L'activité a pris son origine dans le spéléologie. Edouard Alfred Martel en 1888 réalise la traversée de la grotte de Bramabiau puis de nombreux spéléologues explorent jusque dans les années 60 diverses régions (notamment le 04 et le 06). En 1963, la fédération de spéléologie est crée et de nombreux ouvrages sont édités. Ce n'est que dans les années 80 que l'activité se fera plus particulièrement connaître. Depuis l'Ecole Française de Canyon a été crée, des ouvrages techniques ont été édités, des formations pour l'encadrement sont dispensées et les techniques de progression ont évoluées. Le canyoning est devenu un sport à part entière avec son matériel et ses techniques
Le canyoning se pratique dans un milieu naturel et il est donc important d'être vigilant au niveau de son comportement. En effet de nombreuses espèces animales vivent et se reproduisent dans les canyons.
Le canyoning est-il pour autant dangereux pour l'ecosystème ?
Une étude en 1995 réalisée sur demande de la Fédération Française de Spéléologie pour connaître l'impact de l'activité à permis d'avoir des conclusions intéressantes. L'étude porte sur les variations physico-chimiques, bactériologiques et d'indice biologique de l'eau en début et fin de saison, en début et fin de journée en amont et aval des canyons.
Qualité physico-chimiques : aucune modification (normal à moins de verser des produits polluants).
Qualité bactériologique : aucun impact mesurable
Indice biologique : indice permettant de mesurer la qualité de l'eau en fonction des espèces de larves et invertébrés vivant dans les graviers. Certaines espèces ne tollèrent aucune pollution chimique ou bactériologique.
Cette étude a montrer que le nombre d'individus par espèces diminuait nettement à la sortie du canyon.
On peut considèrer cette baisse dû au piètinement dans les zones de graviers et de sable où vivent les larves aquatiques (maillons essentiels de la chaîne alimentaire de la rivière). Selon les espèces, se nourrissant de végétaux et de matières organiques, avant de devenir des insectes, elles constituent la nourriture des poissons particpant au pouvoir d'auto-épuration de la rivière. Détruire un maillon de cette chaîne, c'est détruire l'écosystème.
Relativisons néanmoins, selon les départements, les sites de pratique ne représentent que 2 à 5 % des rivières pêchables. La période d'incubation des larves s'étend du mois de Novembre à Avril (d'où les arrêtés préfectoraux dans le 04 et le 06) : pas trop de canyonisme à cette période. On peut s'interroger aussi sur les crues qui sont dévastatrices pour l'écosystème.... Mais aussi il faut rappeler que 95 % des autres rivères non concernées par le canyonisme souffrent de pollutions diverses : rejets industriels, station d'épuration, rejets d'égouts etc...
A notre niveau sportif, il est important de monter l'exemple en ne marchant pas inutilement dans certaines zones, en ne laissant pas trainer de déchets et ayant une attitude citoyenne en respectant le milieu afin de véhiculer une image positive encore ternie par trop de personnes
Pratiquer en toute sécurité implique de connaître les principaux risques en canyons
La thermorégulation est très solliciter en canyon d'où une consommation accrue d'énergie.
On distingue trois risques liés à la thermorégulation :
L'HYPOTHERMIE : risque permanent en condition aquatique, il faut donc impérativement des vêtements isothermiques complets (voir section matériel) et eviter l'immobilisation prolongée.
L'HYPERTHERMIE : le port de la combinaison freine l'evacuation de la chaleur, il faut donc éviter de porter la combinaison en marche d'approche ou de liaison.
DESHYDRATATION : l'activité et le port de la combinaison favorise la sudation et entraîne donc une déshydratation, il est donc important de boire en petites quantités répétées en canyon.
L'execice physique et la lutte contre le froid entamment progressivement les réserves de l'organisme ; il faut donc veiller à les préparer et à les maintenir par une alimentation approprié durant le canyon.
La météo est un facteur majeur dans la pratique de l'activité. En effet, un gros orage peut entrainer des chutes de pierres ou de blocs et occasionner une montée soudaine des eaux. Ce qui augmente fortement la durée du parcours et une dégradation générale de la condition physique. Cette situation peut devenir critique : sortie tardive voir même une immobilisation en plein canyon. Il est donc très important de se renseigner sur les bulletins météo de la région et de connaître le caractère aquatique et d'engagement du canyon. Il est important de débuter un canyon tôt dans la journée afin d'anticiper un éventuel contretemps et ainsi d'éviter les orages en fin d'après-midi : très courant en montagne. Sur place, le premier prévisionniste c'est vous. Si il est prévu une dégradation orageuse et que dans la matinée on observe une apparition de cumulus menaçants : RENONCEZ !!! Un canyon non descendu est rien à côté des dégâts que peut occasionner une descente irrésponsable.
Le canyoning est une activité qui se pratique dans des cours d'eau, des torrents de montagne, des ruisseaux, des clues, des gorges, des ravins... dans des vallées étroites voir parfois inhospitalières. Chaque canyon possède son profil : vertical, aquatique, mixte mais aussi totalement sec et offre ainsi un terrain de jeux pour tous les goûts. Activité très diversifiée et qui connaît un véritable essor depuis quelques années. Elle allie plusieurs type de progression comme la marche, la nage, la descente en rappel, le saut, la tyrolienne, la désescalade, le toboggan... nécessitant donc une lecture du milieu, un matériel adapté et une technique qui ne peut s'acquérir que par la pratique
Les amarrages constituent le point essentiel de la descente en canyoning. L'équipement des canyons peut aller du terrain d'aventure ou il n'y a peu voir pas d'équipement au canyon école suréquipé. Cette différence est souvent dû à la fréquentation même du canyon et de son intérêt. En effet certains sont parfois équipés par les pratiquants eux-même ou alors équipés par des fédérations ou des institutions (cas du Conseil Général des Alpes Maritimes par exemple). Celà implique donc une certaine responsabilité et le choix d'un matériel adapté. Ce qui n'est malheureusement pas toujours le cas. On trouve pour les canyons dit sauvage des amarrages naturels : sur un arbre, lunnules, bec rocheux etc... En complément des anneaux de corde ou de sangle on ajoute éventuellement un anneau (acier ou inox) ou un maillon rapide afin de faciliter le coulissement de la corde. Dans ce cas précis de type d'amarrage, il convient de vérifier systèmatiquement l'état des anneaux de sangles ou de cordes avec les maillons ou anneaux et les changer si nécessaire.
Les amarrages dit artificiels sont ceux que l'on rencontre dans la plupart des canyons. Là aussi la qualité d'équipement peut varier en fonction de la fréquentation même du canyon. On les trouve de plusieurs diamètres et leur installation se fait soit manuellement (tamponnoir avec cheville autoforeuse : spits) ou au au perforateur (goujons). Etant rarement de fabrication inox celà vieillit et il est important d'en vérifier l'état et de le changer si nécessaire. Attention, on rencontre parfois dans des canyons mal équipés des plaquettes simples : utilisation dangereuse. Ces amarrages doivent être systèmatiquement doublés soit par une autre plaquette, soit par un amarrage naturel ou un piton et reliés soit par une chaîne, soit par un anneau de sangle ou de corde. Il est donc important pour la sécurité de tout le monde de renforcer ou changer, si possible, les amarrages douteux que l'on rencontre.
Les nouvelles normes d'équipements en fixe imposent l'utilisation de broches. Les broches sont en inox, scellées par une résine et installés à l'aide d'un perforateur. On trouve généralement ce type d'équipement dans les canyons très fréquentés (cas des Alpes Maritimes où le Conseil Général a fait un travail considérable en équipement inox scellé) ou les canyons récemment réequipés. Ce type d'équipement est actuellement le meilleur qui soit. Les broches inox ne s'altèrent pas et les résines ont une durée de vie importante. A noter que l'on peut trouver des broches non reliées pour les canyons exposés aux crues ou pour les départ de main courante : très tendance dans les nouveaux équipements en fixe. Quoi qu'il en soit, il est important de vérifier systématiquement les points d'amarrages et de les renforcer si nécessaire. Attention la qualité de l'équipement et la pose doivent être irréprochable et aucun cas nuire à la sécurité.
En canyon, on recherche une corde qui soit à la fois :
SOLIDE : doit permettre la remontée d'une cascade sur 1 brin (la norme européenne EN1891 impose une résistance minimum de 1800kg + d'autres exigences d'abrasion).
RESISTANTE : à l'abrasion due aux frottements de la corde sur le rocher. Le polyamide répond à cette contrainte.
SOUPLE : afin de de faciliter son utilisation et son ensachage.
SEMI-STATIQUE : peu d'élasticité pour diminuer les phénomènes d'abrasion.
La corde semi-statique canyon ou type spéléo (100% polyamide) apparaît donc le meilleur choix. Le diamètre de cette corde dépend de l'utilisation.
Sportive : diamètre 9 à 9,5mm (bon compromis sécurité, poids et encombrement)
Encadrement ou intensif : diamètre 10 à 10,5mm (plus sécurisant pour les débutants, résistance accrue aux frottements donc gain en sécurité, plus lourd).
Attention les cordes de type spéléo ont tendance à devenir plus raide à l'usage.
Après quelques années de commercialisation et l'évolution des techniques de descente, les cordes flottantes de type C s'avèrent dangereuse à l'usage : mauvaise tenue à l'abrasion et utilisation uniquement sur 2 cordes entre autre.
L'utilisation de corde dynamique (escalade) est à proscrire aussi !!! Trop d'élasticité et mauvaise tenue à l'abrasion.
Pour finir un peu de prévention. En canyon le facteur aquatique est très important. Les descentes se font dans des cours d'eau dont le débit peut varier très rapidement passant d'un petit ruisseau agréable en un torrent de montagne déchaîné. Il est donc plus qu'important de vérifier l'heure de départ, les conditions climatiques, s'il y a présence d'un barrage en amont du canyon et de connaître le profil topographique du canyon. Ces dangers peuvent facilement être évités avec de bons renseignements avant la sortie. Les vidéos suivantes de l'Ecole Française de Canyon (tournées en Suisse) sont une simulation sur la montée des eaux et l'impact sur la descente : que dire de plus !!!
Réglementations de l'activité
Le canyoning se prtique dans un milieu naturel vivant et il convient donc d'adopter un comportement raisonnable pour la protection de ces espaces si magnifiques. Certains départements ont mis en place des arrêtés préfectoraux interdisants la pratique durant certaines périodes. Les liens suivants sont le récapitulatif des canyons concernés :
Réglementations départementales et arrêtés préfectoraux
Réglementation générale de l'activité